Zoom sur la Coelioscopie

La COELIOSCOPIE est une technique chirurgicale, dans laquelle, par une courte incision, on introduit une caméra au niveau du site opératoire, après avoir insufflé un gaz dans l’abdomen pour créer une cavité dans laquelle il soit possible de voir. L’image est projetée sur un grand écran de télévision.

Laparoscopie, Coelioscopie et Chirurgie Endoscopique sont synonymes.

techique chirurgicale - la coelioscopie

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Guidé par ce qu’il voit, le chirurgien peut introduire d’autres instruments par d’autres incisions de 5 à 15mm et réaliser l’opération nécessaire, ce qui explique que suivant le nombre d’instruments nécessaires à la réalisation de l’intervention, le nombre d’incisions sera différent. L’ensemble du matériel est introduit grâce à des trocarts.

L’organe enlevé est retiré par l’une de ces incisions si son volume est compatible, sinon il est fragmenté dans un sac en plastique que l’on introduit dans l’abdomen et retiré par fragments, sinon une nouvelle incision ou l’élargissement d’une incision existante est réalisé.

Avantages de la Coelioscopie

  • Le temps d’hospitalisation est réduit. Certains actes peuvent être réalisés en ambulatoire, c’est-à-dire en hospitalisation d’un jour.
  • La reprise du travail est plus rapide ; par exemple après cure de hernie inguinale, il n’est pas rare de voir
  • des malades motivés reprendre leur travail 5 ou 6 jours après l’intervention.
  • Il n’y a pas de longue cicatrice parfois disgracieuse. Le résultat esthétique est donc meilleur.
  • La reprise du transit est plus rapide. La plupart du temps, le malade peut s’alimenter le soir même, ce qui diminue la période nauséeuse et l’emploi de perfusions.
  • Il y a moins de douleurs post-opératoires.

Particularités

  • Il faut cependant parler d’une douleur particulière, parfois mal comprise par le malade, qui est une douleur au niveau des épaules et en particulier de l’épaule droite. Cela provient de la distension du diaphragme par le gaz que l’on insuffle dans l’abdomen. Cette douleur est souvent peu violente et cède en un à deux jours.

Risques

  • La Cœlioscopie est une manière d’opérer mais l’intervention réalisée est la même. Les risques de complications sont dans la plupart des cas les mêmes. Le malade se mobilisant rapidement, le risque de phlébite est moins important.
  • Dans le public s’est répandue une notion de chirurgie “facile”. C’est plutôt le contraire, sur le plan technique la Cœlioscopie est plus exigeante que la chirurgie classique, nécessite un apprentissage long et demande une grande concentration lors de la réalisation. La durée opératoire est souvent supérieure.
  • Il y a des risques propres à la coelio-chirurgie, heureusement très rares, comme par exemple l’embolie gazeuse ou la perforation passée inaperçue de viscère ou la plaie per opératoire de veines ou d’artères.

Questions / Réponses

Est-il parfois nécessaire de changer de technique en cours d’intervention ?

Oui bien sûr. Le passage de la Cœlioscopie à la chirurgie classique dite ouverte ne doit jamais être considéré comme un échec mais comme une preuve de prudence devant une situation qui ne peut pas être contrôlée de manière certaine par la Cœlioscopie.

Quel type de chirurgie peut être réalisée sous cœlioscopie ?

Le champ d’application s’étend progressivement. La Cœlioscopie a débuté en 1987 à Lyon par la cholécystectomie, c’est-à-dire l’ablation de la vésicule biliaire. A ce propos, la plupart des gens pensent que par cœlioscopie le chirurgien ne fait qu’enlever les calculs, ceci est faux, la vésicule est toujours retirée.

Depuis 1987, du fait des progrès de l’instrumentation, il est maintenant possible de traiter la plupart des interventions gynécologiques, mais aussi l’appendicite, les hernies, le reflux gastro-oesophagien, certaines pathologies du côlon et du thorax, la chirurgie de l’obésité.

Qui peut bénéficier de la COELIOSCOPIE ?

En ce qui concerne l’âge, on peut dire tout le monde. La Cœlioscopie est utilisée par les chirurgiens pédiatriques chez les tous jeunes enfants. Le grand âge n’est pas une contre-indication. Il existe cependant une limite dans la mesure où la Cœlioscopie nécessite une anesthésie générale et est rarement possible sous anesthésie loco-régionale. La grossesse n’est pas non plus une contre-indication.

Chez le malade multi-opéré de l’abdomen, du fait d’adhérences intra-abdominales qui empêchent une bonne vision on préférera souvent la chirurgie classique mais ceci est décidé cas par cas. L’obésité n’est pas une contre indication, bien au contraire, car ce sont les malades chez lesquels, en chirurgie classique, le chirurgien a le plus de difficulté à franchir la paroi de l’abdomen.

Quel est l’avenir de la COELIOSCOPIE ?

Il va dépendre bien sûr des progrès de la technologie : je pense en particulier à l’arrivée de caméras permettant de voir en 3 dimensions, de bistouris à ultrasons permettant de couper et de coaguler en même temps, des progrès du matériel de suture, de l’utilisation de nouveaux matériels articulés qui vont diminuer le nombre d’incisions nécessaires et au développement de la robotique

  • Modifié le 10 juin 2010 et validé par le Comité Déontologique